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Esclave du temps, Tome 1 : Chapitre 1

Hathawa

Survivre, souffrir, s’enfuir. Voilà trois grands mots qu’elle ne connaissait que trop bien. Se battre était le meilleur moyen d’extérioriser sa colère, son sentiment d’injustice qu’elle traînait depuis bien trop longtemps. Se battre était sa plus grande peur, mais aussi son plus grand désir.

Cinq années étaient réservées aux enfants des grandes familles et aux magiciens, souvent après les huit années d’études – donc les cinq premières étaient obligatoires et ne servaient qu’à apprendre à parler et à écrire. Les bas-fonds de la ville avaient le droit à cette partie-là aussi, ce qu’elle trouvait fort agréable. Mais, ça ne l’était que depuis peu. En fait, cela datait de son arrivée au palais. Les trois autres années étaient des années préparatoires qui étaient destinées à préparer les élèves aux études spécialisées, ou tout simplement à parfaire leur savoir avant d’attaquer le commerce.

Pour ces cinq dernières années, il s’agissait de la dernière étape pour atteindre le statut d’Archimage pour les hommes aux capacités magiques ; le statut de Dame pour les femmes ayant des capacités magiques et, pour finir, le statut de Professeur ou tout autre nom pour ceux qui n’en avaient pas. Il existait tout de même des exceptions qui pourront être vues plus tard.

Il existait quatre filières différentes. Pour commencer, il y avait la science qui permettait de devenir chercheur, médecin, infirmier, ou physicien ; les langues afin de devenir traducteur, interprète, ou encore terminologue ; puis l’histoire permettant de devenir historien, bien évidemment bibliothécaire, et bien d’autres choses qui échappaient à sa mémoire. Pour finir, la toute dernière – la meilleure de toutes : la filière des combattants ! Avec cela, c’était l’accès à la garde royale, garde personnelle, éclaireur, ou encore membre de l’armée.

En plus de cela, tous pouvait devenir Professeur ou bien Ambassadeur. Néanmoins, même si ces deux métiers pouvaient être choisis par tous, ils n’étaient pas faits pour tout le monde…

C’était sa quatrième année d’études spécialisées. Officiellement appelée « Apprentie combattante » la liant ainsi au pays par serment. La plupart de ses cours se passaient en salle de classe mais aussi dans l’arène dont les cours étaient de plus en plus intensifs chaque jour…

Le palais était constitué de plusieurs bâtiments. En plus d’y faire ses études, Hathawa y habitait. Il comportait le palais bien entendu, la bibliothèque, le jardin royal adjacent au palais et séparant celui-ci de la bibliothèque, le quartier des Archimages, le dortoir des élèves où se trouvait aussi le réfectoire des élèves, l’académie des élèves et, pour finir, celui qu’elle préférait tout particulièrement : l’arène. Le seul endroit où l’on pouvait se battre sans presque aucune retenue et où les fuites magiques n’endommageaient absolument rien… Enfin, sauf ceux qui étaient en train de se battre – sinon c’était trop facile. Tout cela pour dire que s’il y avait des visiteurs, ils ne seraient pas blessés grâce à la barrière de protection mise en place par de puissants Archimages. Par ailleurs, au risque de la briser en plein combat, il fallait la recharger toutes les semaines.

Elle s’y trouvait à l’instant, en train de se battre avec l’Archimage Dakivo – son professeur, son mentor, son maître, et l’un des conseillers du roi.

La jeune fille se fit projeter contre la barrière de protection et s’écrasa lamenta-blement au sol. Le sable lui égratigna les avant-bras et le choc la déstabilisa. Hathawa se releva et prit une autre de ses attaques de plein fouet.

Il utilisait des éclairs d’énergie magique. Visuellement, c’était comme un flash en forme longiligne qui se déplaçait à la vitesse de l’éclair. Cela paraissait beau de l’extérieur mais quand elle en était la cible, c’était épuisant !

Une douleur aiguë lui traversa le corps au moment de l’impact. Ses yeux se voilèrent un instant et elle retomba platement au sol. Un grognement s’échappa de sa gorge exprimant son mécontentement avant de se relever, s’apprêtant à encaisser une nouvelle décharge. Sa vue se brouilla mais elle parvint à distinguer son sens d’attaque. Il allait frapper à gauche. Il ne fallait pas se louper. La jeune fille attendit que le coup soit lancé pour plonger à droite et mordre la poussière une nouvelle fois. Les coups l’avaient peut-être trop assommée. Recrachant le sable qu’elle avait bien failli ingurgiter, elle se concentra sur le bouclier de son adversaire afin d’en ressentir les particules magiques.

Elle ressentit une ondulation dans l’air avant de reprendre un éclair en pleine face. Elle cria de douleur en volant une nouvelle fois dans les airs et de s’écraser de nouveau sur le sol.

Elle avait l’impression de combattre depuis des heures alors que cela ne devait pas faire plus d’une heure.

Elle soupira et décida de puiser dans sa réserve d’énergie magique pour créer une bulle autour d’elle – qui lui servira de bouclier le temps de retrouver ses esprits.

À peine le bouclier créé, elle sentit les attaques arriver de tous les côtés. Elle se mit à genoux, s’appuyant sur les mains et se reconcentra sur le bouclier de son adversaire. Elle ferma les yeux et visualisa les particules. Elle les voyait autrement que la plupart des gens. Pour elle, ces particules bougeaient en permanence et étaient extrêmement serrées ; voilà pourquoi les attaques physiques et magiques étaient inefficaces. Elle ne saurait pas l’expliquer en détails mais elle pouvait essayer. Elle projeta son esprit hors de son corps juste avant de sentir une nouvelle rafale d’énergie s’abattre sur son bouclier en crépitant et faisant vibrer l’air autour d’elle.

Viens me voir Hathawa.

Elle vacilla et, heureusement qu’elle se trouvait à genoux sinon elle se serait encore une fois écroulée. Une fois ça passe, deux fois aussi, trois fois ça commence à faire, quatre fois c’est énervant mais une cinquième fois, c’est trop, et elle aurait eu honte de sa performance. Le roi lui-même venait de lui envoyer un message télépathique. Ce qui passait pour un ordre direct par voix orale devenait un ordre non discutable de cette façon.

On pourrait penser qu’il ne l’avait envoyé qu’à elle mais pas de chance, personne ne savait le faire. Lorsqu’ils envoyaient un message télépathiquement, tous ceux qui savaient utiliser ce don pouvaient l’entendre. En conclusion : pas d’intimité de cette manière !

Elle élargie sa vision des sens, puisa dans son énergie et passa au travers de son bouclier – en passant entre deux particules. Dakivo écarquilla les yeux sous la surprise une fraction de seconde avant de lui envoyer une frappe mentale. Ce n’était pas physique, seulement c’était le meilleur moyen de déstabiliser son adversaire… Bon d’accord, elle ne s’en était jamais prise mais d’après son expression à lui, cela ne devait pas être très agréable.

Son bouclier s’affaiblit sous ses yeux jusqu’à disparaître complètement. Son adversaire mit un genou à terre, épuisé. Le combat était terminé.

Enfin !

Son maître se releva, le sourire aux lèvres.

— Bravo Hathawa, c’était une belle performance… Pourquoi n’as-tu pas invoqué un bouclier plus tôt ?

Hathawa se racla la gorge, sentant son visage virer au rouge.

— Je pensais pouvoir esquiver toutes vos attaques sans avoir à l’utiliser.

— C’était une erreur de ta part que tu n’aurais pas dû négliger à ce point.

Elle hocha la tête, bien consciente des conséquences en cas d’attaque, seulement elle pensait être plus rapide.

— J’y penserai la prochaine fois.

— Bien, il faudra aussi que tu me dises comment tu fais pour traverser un bouclier, parce qu’à part toi, personne ne sait le faire.

Il soupira et secoua la tête.

Elle sentit monter un sentiment de fierté en voyant son expression. C’était une capacité qu’elle utilisait bien avant de se faire recueillir par le roi.

— Je vous l’apprendrai à la fin de ma dernière année, promis !

— Je le retiens. Allez, vas-y, le roi t’a appelé. Ne le fais pas attendre.

Elle s’inclina.

— Oui maître.

Elle se retourna et s’apprêta à franchir la barrière quand il dit :

— Avant d’y aller, prends un bain et change de vêtements. On dirait une esclave.

Tout en fronçant les sourcils, elle baissa les yeux sur sa personne et laissa échapper un hoquet de surprise. Son pantalon, troué de partout et son tee-shirt – rouge de base –, ne ressemblait plus à grand-chose. En glissant son regard sur ses cheveux, elle crut s’évanouir pour de bon. Ils étaient ébouriffés et plein de sable.

Elle soupira et partit dans sa chambre en passant par les jardins situés derrière le palais, à une centaine de mètres du dortoir des Apprentis. La sienne se trouvait au deuxième étage. Arrivée au pied du mur elle leva la tête vers sa fenêtre.

Elle choisit de prendre la solution de facilité, le reste d’énergie que lui avait donné Dakivo était assez pour pouvoir ouvrir une serrure. Et pour léviter, il n’y en avait pas besoin. Pour ça, elle pouvait tout simplement utiliser la sienne. Une énergie que l’on appelle « psychique ». Il lui restait effectivement un peu de magie, néanmoins elle ne voulait pas la gaspiller pour autant.

Elle puisa dans cette réserve et sentie comme un souffle chaud s’échapper de la terre pour la soulever du sol. Quelques secondes plus tard, elle se trouvait au niveau de sa fenêtre.

Elle se rapprocha de la serrure et l’effleura du bout des doigts. En puisant cette fois dans son stock de magie, elle déverrouilla la fenêtre, la poussa et entra. Elle atterrit sur le sol de sa chambre et referma la fenêtre derrière elle.

Encore une journée qui n’en finit pas.

Elle enleva ses vêtements les uns après les autres, prit une serviette pour l’enrouler autour de son corps, et partit dans la salle de bain.

*Dakivo*

Debout sur le toit de la bibliothèque, il regardait par-delà les montagnes gelées et s’imaginait les territoires extérieurs.

Plongé dans ses pensées, il n’entendit la personne approcher qu’à l’instant où elle se posta à ses côtés. Il tourna la tête et reconnut le visage fatigué et familier du roi. Dakivo s’inclina pour le saluer.

Le roi tourna son regard sur ce que lui-même regardait quelques instants auparavant. Il se fit songeur et ne dit rien pendant un temps. Ce n’était pas lui qui briserait le silence. À la base, il était venu pour ça. Lorsque le roi parla, ce fut d’une voix claire mais trahissant de l’inquiétude.

— Comment va-t-elle ?

Il le regarda puis se remit face aux montagnes.

— Eh bien, majesté, elle est obéissante, extrêmement coriace… peut être trop. Elle mange comme quatre, elle…

— Ce n’est pas ce que je veux dire, et vous le savez.

Il soupira et s’appuya sur le muret du toit.

— Sa puissance est hors du commun et elle augmente de jour en jour. Elle ne s’en aperçoit pas, moi si. Je le vois. Elle connaît des sorts encore inconnus du palais et des magiciens eux-mêmes… Bien qu’elle ne le soit pas, elle n’arrive pas à leurs chevilles, non, elle les dépasse ! Par exemple, nous, nous pouvons lire dans l’esprit d’une personne à condition d’être en contact avec elle, alors qu’Hathawa y arrive à distance, que la personne soit consentante ou non. Elle se défend de cette manière aussi… en frappant je dirais. Et quand je lui transfère du pouvoir, elle peut traverser mes boucliers et les briser, je pense même qu’elle n’en a pas besoin pour savoir le faire. C’est moi qui suis censé lui apprendre des choses et non l’inverse. Parfois, c’est à me demander si j’ai une quelconque utilité.

Il vit les coins de la bouche du roi frémir légèrement.

Il s’interrompit une seconde et repartit de plus belle.

— Ce qui me perturbe le plus, reprit-il, c’est que si sa puissance augmente encore…

— Elle risquerait de la consumer, conclut le roi.

Aucun des deux ne reprit la parole.

— Vous savez, continua-t-il d’une voix douce, Hathawa est pour moi ce qui se rapproche le plus d’une fille, je la considère comme ma propre enfant.

Dakivo baissa les yeux.

— Oui je le sais, concéda-t-il.

— Elle vous admire énormément. Même si sa puissance grandit, elle se considérera encore comme une Apprentie – ce qu’elle est. Vous êtes son maître, elle est donc considérée comme une esclave, pourtant elle n’a rien d’une esclave n’est-ce pas ? Pour vous Archimage, elle sort du lot.

Ce n’était pas une question. Il risqua un coup d’œil dans sa direction. Il gloussait.

— Oooh, je m’en suis aperçu il y a quelque temps. D’ailleurs, je me demande comment elle ne s’en ait pas aperçue, c’est assez impressionnant.

Il préféra garder le silence. C’était plus prudent…

— Bon, j’ai à parler avec notre sujet d’inquiétude.

*Hathawa*

Elle sortit de la salle de bain les cheveux trempés. Elle mit sa serviette à sécher sur le rebord de la fenêtre qu’elle avait finalement décidé de laisser ouverte. Habillée d’un nouveau tee-shirt simple rouge (le tee-shirt lâche et un peu passe partout) – l’autre avait fini à la poubelle – et d’un pantalon marron, elle se dépêcha de démêler ses cheveux qui lui arrivaient en dessous de la poitrine. Mouillés, ils paraissaient noir ébène, mais quand ils étaient secs et au soleil on pouvait voir qu’ils étaient en réalité châtain foncé. Elle se devait de les démêler juste après le bain, sinon elle pouvait s’attendre à avoir la gouffa – non, ce n’était pas une blague, avoir les cheveux bouclés c’était joli, mais pas très pratique.

Dans son armoire, elle prit la robe de mage officiel affiliée à la famille royale – une grande cape avec une capuche beige, presque jaune ou or plutôt, avec une bordure de dentelle rouge sur les contours. Elle y enfila les manches avec habileté. Mise sur son dos, elle partit presque en courant de sa chambre, dévalant les escaliers, évitant les Apprentis ayant fini les cours, ralentissant à chaque virage pour éviter de bousculer une personne arrivant de l’autre côté, pour enfin atterrir à l’air frais. Le vent la frappa en plein visage, la faisant frissonner à cause de ses cheveux encore humides, elle resserra les pans de sa robe et ralentit pour éviter de sentir encore plus l’air.

Elle décida de prévenir le roi de sa venue grâce à la télépathie.

Il était dans le jardin, elle n’avait donc pas trop à se presser. Un peu mais pas trop… C’était plutôt vague.

Un frisson la parcourut en commençant du bout des doigts jusqu’aux épaules vers la colonne vertébrale pour finir à l’arrière du crâne.

Elle se retourna mais ne vit rien de spécial si ce n’était le paysage – très beau soit dit en passant.

Les thuyas se balançaient au gré du vent. Le gravier de couleur ocre crépitait sous ses pieds. Les rideaux à l’intérieur du bâtiment voltigeaient par l’effet des fenêtres ouvertes.

Brusquement, elle entendit des bruits de pas s’éloigner sur sa gauche. Elle se tourna dans cette direction mais ne vit personne. Tiens, le fantôme de l’ouest, ha ha.

Elle secoua la tête et pressa le pas. S’il n’y avait personne, pas la peine de s’alerter n’est-ce pas ? Oui, c’est ça. L’ignorance est mère de la peur, mais si elle se mettait à sa poursuite, le roi attendrait… Et la désobéissance est mère de… disons de… punition. Exactement pareil que de trahir une promesse ou de déshonorer un contrat. Alors, préférait-elle la peur ou la punition ? Mais franchement pourquoi elle se posait la question ?

Elle se remit en route avec encore plus d’entrain que tout à l’heure. Autant dire qu’elle courait.

Elle arriva dans le jardin avec à peu près deux minutes d’avance. À la vue du roi, elle comprit que ce n’était pas assez. Misère.

Elle s’avança vers lui, à peine essoufflée. Ça avait du bon de faire un sport régulier.

Ses yeux étaient petits par rapport à la forme de son visage. Avec des traits anguleux mais plutôt doux et féminins, ce qui donnait l’envie de se confier facilement. Ses pommettes saillantes le rendaient séduisant pour son âge. Ses lèvres fines et son menton proéminent contrastaient énormément avec son gros nez. Elle lui avait fait remarquer lors de leur deuxième rencontre. Il ne l’avait pas mal pris au contraire, il lui avait dit « Jamais grand nez n’a gâché beau visage ». Elle lui avait répondu avec nonchalance que cela dépendait du point de vue. Mais elle était d’accord avec lui et le fait que ça ne l’avait pas énervé l’avait rendu sympathique. Marrant hein ?!

Il lui fit signe de s’asseoir à côté de lui mais elle refusa et s’assit par terre. De toute façon, elle adorait sentir l’herbe frotter sous ses chevilles et y passer ses mains comme pour la balayer. Surtout que cela faisait moins d’un mois que l’herbe avait repris des couleurs,  elle en profitait donc.

Le roi comprit aussitôt et ne fit pas de commentaire. Sage décision. Il portait un manteau de couleur beige, presque or. Quatre boutons rouges auraient dû apparaître pour le fermer mais cette fois-ci, il n’y en avait que trois. Elle ne doutait absolument pas qu’il aurait pu demander à le faire recoudre, néanmoins il n’en fit rien. Allez savoir pourquoi.

— Tu as l’air en forme aujourd’hui.

Elle sourit mollement.

— Pourtant Dak… L’Archimage Dakivo n’y est pas allé de main morte. Je pensais que les vieux ramollissaient avec le temps. Je me suis trompée.

Le roi éclata d’un rire sardonique semblable à du verre rayé.

Hathawa baissa la tête, consciente de l’avoir vexé. Stupide qu’elle fut, elle lui posa la question.

— Si l’Archimage Dakivo est vieux, qu’en est-il de moi ? rétorqua-t-il.

Elle et la diplomatie…

Et comme toujours quand elle se sentait mal à l’aise, elle enfonça le clou… en même temps qu’elle-même.

— Un octogénaire ?

Le roi s’offusqua.

— Je ne suis pas si vieux. Ne vends pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué s’il te plaît.

— Quinquagénaire alors ? C’est mieux que préhistorique, là j’aurais dit décrépit, et si je ne vous aimais pas, j’aurais sûrement dit « vieux croulant ».

Finalement, elle réussit à faire fleurir un petit sourire sur son visage.

— Tu dis ça mais je ne suis pas le plus vieux du palais.

Elle le regarda, les yeux innocents.

— Non c’est vrai, le palais lui-même vous bat à plate couture.

Cette fois, elle réussit à lui décrocher un grand sourire.

— Bon, passons aux choses sérieuses.

Elle se redressa, aux aguets. Elle avait réussi à le faire sourire mais elle ne l’avait jamais vu aussi nerveux. Elle se demanda ce qu’il pouvait bien se passait. Elle n’espéra rien de grave. Oui, c’est ça, tu peux toujours rêver ma pauvre fille.

Finalement, c’était moins grave qu’elle ne le pensait. Qui a dit qu’espérer ne servirait à rien ? Non, ce n’est pas moi, je le jure !

Elle fonça au réfectoire. Son estomac ne cessait de gargouiller. L’entretien avec le roi avait duré plus longtemps qu’elle ne le pensait, le crépuscule se faisait sentir. Une demi-heure de plus et elle se serait fait(e) surprendre par la nuit. Ce n’est pas qu’elle avait peur toute seule dans le noir. Mais elle avait appris à ses dépens que le croque-mitaine sortait plus facilement la nuit et préférait se cacher le jour. Espèce de lâche.

Les gens de sa classe étaient encore à table. Ils ne posèrent aucune question et elle les en remercia. Qu’est-ce qu’elle aurait dit ? La routine ? Ouais, drôle de routine.

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